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UN BON AVOCAT 1/2

AVANT-PROPOS

Ce texte s'adresse à tous ceux qui, contraints et forcés, doivent se mettre un (mauvais) jour la recherche d'un (bon) avocat. Et c'est parce que je veux aider bénévolement tous ceux qui s'adressent ou qui s'adresseront à moi dans ce but, que j'ai pris le temps de rapporter ici quelles furent les expériences qui m'ont été racontées. J'y ai ajouté les miennes, et j'ai soumis l'entièreté du texte complété à ceux qui m'ont fait leurs confidences. De plus, pour accroître sa crédibilité, j'ai incorporé les remarques qui m'ont été faites par quelques personnes qui ont approché les Cabinets à titre professionnel. Ce qui m'a d'ailleurs valu le commentaire suivant : Toi, tu ne finiras pas dans ton lit ! Oui, peut être, mais j'ai toujours préféré finir debout plutôt que couché, à bons entendeurs salut !

Pour n'avoir pas travaillé inutilement, je tiens cette version peut être définitive de ce qu'on peut appeler un règlement de compte avec certains professionnels, gratuitement à la disposition des personnes concernées, à titre individuel et personnel. Elles en feront l'usage qu'elles pensent être le meilleur. Ceci sous l'absolue réserve de ne pas citer la source, un retour de flamme étant toujours possible ... dans ce monde diabolique ! ! !

Que votre affaire ait été traitée, qu'elle soit en cours, ou qu'elle n'ait pas encore débuté, j'espère que vous trouverez ci-dessous de quoi vous faire votre opinion sur la Profession. Mais, je l'avoue, il vous faudra bien du courage, et même de la ténacité ... pour aller jusqu'au bout de cette lecture !

Il n'est pas question pour moi de dénigrer l'ensemble d'une profession. Mais d'attirer l'attention du lecteur sur les dérives souvent constatées de la part de ceux qui se sont appropriés l'exercice de la Justice au détriment du Justiciable. Et dans ce domaine, aux Avocats, on peut souvent associer les Huissiers, les Notaires et autres hommes de robe. Comme je le dis plus loin, j'ai même rencontré des gens heureux après la fin de leur affaire en Justice. Non pas essentiellement parce qu'ils avaient gagné leur procès. Mais aussi parce qu'ils avaient conservé une bonne image de leur défenseur, voire une certaine complicité d'esprit avec lui. C'est dans ces conditions idéales qu'une vraie collaboration peut s'établir. Mais pour y parvenir, quel chemin de croix pour le Justiciable !

Enfin, je tiens à préciser que ce texte, commencé dès 1996, à la suite de démêles retentissants que j'ai eu avec une grande Société, un contrat (de large) indemnisation m'empêche à tout jamais d'écrire le livre que j'avais commencé. Ce que vous lirez en étant un chapitre, remanié et complété nombreuses fois depuis cette époque.

Il me reste encore à remercier tous ceux et toutes celles qui ont cru bon de m'aider à rédiger ce qui peut être considéré par certains comme un pamphlet à leur égard. A ces derniers, qui se sentiraient visés, je me permets de livrer une maxime que j'ai entendue il y a bien longtemps : Il n'y a que les chiens pouilleux qui se grattent !

Bonne lecture et bonne chance ! ! !


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La recherche d'un BON avocat s'apparente souvent à celle d'une aiguille au milieu d'un champ de foin (*).
Alors que la Justice devrait être considérée comme étant au service du Citoyen, on se rend compte trop souvent que celle-ci a été confisquée au justiciable au seul profit des différents acteurs de ce qui est considéré par la majorité comme un drame.
Et quand j'écris "profit", je veux très clairement compléter le sens de ce mot en évoquant l'aspect financier des relations qui se nouent à l'occasion d'une affaire, et d'un procès qui suit quasi-obligatoirement.

Déjà, souvenez-vous : Monsieur de La Fontaine dénonçait les travers de ce monde étrange dans la fable l'huître et les plaideurs. (La fable en question est reproduite en Annexe N° 1). Ce n'est pas mieux aujourd'hui. La Justice, prétendument et officiellement gratuite, devient très coûteuse lorsqu'on passe par les services d'un (trop) cher Maître.

D'ailleurs, une remarque préliminaire s'impose : lorsque vous n'avez pas le malheur de perdre un jeune enfant noyé dans la Vologne, lorsque la Justice ne s'intéresse pas à vous parce que vous n'avez pas posé quelques bombes ou détourné quelques avions, lorsque le scandale n'éclate pas parce que vous n'avez pas fait un trou incommensurable dans une banque nationalisée ou perverti quelques sportifs professionnels, lorsque vous n'êtes pas partie prenante d'un scandale judiciaire tel que relaté il y a peu, jamais les ténors du barreau, les vedettes du petit écran et les auteurs de livres à caractère judiciaire ne s'intéresseront à votre cas. Sauf si vous avez le portefeuille très épais, ou que vous êtes une personnalité connue au moins sur le plan national. Ce qui fait bien peu de monde par rapport à tous ceux qui fréquentent, peut être une seule fois dans leur vie, le décorum des Palais où, paraît-il, on rend la Justice au nom du peuple souverain. Souveraineté illusoire dans le cas précis de l'homme de la rue qui est pourtant, selon l'adage très répandu lorsqu'il s'agit de l'appliquer contre lui : il n'est pas sensé ignorer la Loi. Quelle mascarade !

Alors, suivons le parcours du con-battu-d'avance, et non du combattant. Car, à moins d'être aussi rusé que les bavards auxquels vous aurez affaire, votre chemin de croix commence dès l'instant où vous poussez la porte du Cabinet : Vous entrez dans la machinerie infernale. Mais... voyons d'abord les préliminaires.

Qu'il s'agisse d'un divorce, d'un conflit avec un commerçant ou d'un sinistre automobile, il y a un jour où il faut se rendre à l'évidence : Il est devient urgent pour vous de prendre contact avec un avocat. Comme la plupart des citoyens, et il est fort heureux pour vous de le constater, jusqu'à présent, la majorité de la population peut très bien se passer de la Justice. Et au moins les trois quarts du reste préfère payer, capituler ou passer sous les Fourches Caudines de l'adversaire qui, parfois professionnel de la querelle et de la plaidoirie, est réputé pour vaincre. Parce que lui pot de fer contre vous, pauvre pot de terre.
Baisser pavillon en se représentant les difficultés et les aléas d'un procès ? Vous avez dit justice, première ?
Mais où trouver cette denrée rare, cet être d'exception, ce Samaritain moderne que devrait être l'Avocat ? Ce n'est pas en parcourant tous les sites Internet que vous le trouverez. Ou alors, cela s'apparentera au jeu de fléchettes. Parfois à la roulette russe.
Donc, disons un matin, vous partez à la recherche d'un Conseil comme d'autres s'en vont à Lourdes. Ou chez le grand-sorcier-marabout-africain du quartier. Vous êtes en quête d'un miracle. Avec ceci de particulier, c'est qu'à Lourdes, il vous en coûtera seulement un cierge. Rapport efficacité-qualité-prix, l'invocation de la Vierge me semble encore le meilleur choix consumériste. Il est cependant des cas où vos positions philosophiques ne vous permettront pas telle démarche. Ou plus prosaïquement, que la Loi vous impose le recours à ses (bons ?) offices.
(*) Pas une botte ni une meule ...

Le sort en est jeté, et à défaut d'autres sources d'informations, vous trouverez peut être quelqu'un dans votre entourage qui n'a pas été trop mécontent des services qui lui ont été rendus par tel ou tel marchand de vent. Attention cependant aux recommandations vraiment trop chaudes. Il se pourrait qu'elles émanent de quelqu'un qui a été tellement bien berné qu'il se croit le vainqueur alors qu'il a été roulé dans la farine. Il est peut être encore sous le charme du sorcier, victime d'un philtre ou d'un tour de magie noire. A moins que ce soit tout bêtement un rabatteur. Et puisque j'évoque cette possibilité, demandez donc à votre interlocuteur-conseilleur du jour de vous décrire par le détail quel fut le montant de SA facture auprès du Cher Maître. Fort instructif, j'y reviendrai plus loin. Bref, en un mot comme en cent, vous voici pendu au téléphone, sollicitant un rendez-vous.

La première particularité d'un membre de la corporation est de ne pas avoir le temps. De ne jamais avoir le temps. D'être tellement sollicité qu'il n'a que quelques minutes à vous accorder, peut être, entre deux autres rendez-vous. Ceci, bien entendu, à une heure et un jour qui ne vous sont pas facile du tout pour vous libérer. Parce qu'un avocat, cela doit avoir obligatoirement une nombreuse clientèle. Parce que l'avocat vous fera une faveur de s'occuper de votre affaire. Parce que vous, c'est le client, certes. Mais que lui, d'emblée, il s'impose comme le maître du jeu. Parce que son temps, c'est de l'argent. Et comme dans n'importe quel commerce, au plus il y a de demande, au plus les prix grimpent. Et comme de l'argent, il lui en faut beaucoup, il va bien vous faire sentir qu'il va falloir se plier à toutes ses exigences. Il en aura beaucoup, certaines sont inattendues.
Donc, ayant péniblement convenu d'un créneau horaire possible, mais qui de toutes façons se situe à deux ou trois semaines de votre appel angoissé, vous vous présentez au jour et à l'heure dits à l'hôtesse qui vous reçoit. Enfin, quand je dis hôtesse, vous aurez dans ce cas, peut être la chance de ne pas tomber sur certaines personnes qui, sachant à peine manipuler un téléphone, se prennent pour l'assistante juridique indispensable et surtout incontournable du seigneur et maître, régentant tout, vous faisant comprendre dès l'entrée que vous pénétrez dans le sanctuaire, dans l'antichambre du Palais, et que votre seul droit est de vous taire en toute modestie.

Un exemple récent pour situer le genre de personne en question : Dans une affaire bénigne, je suis amené à demander à Maître H... de prendre contact téléphonique avec Maître C ... Passage obligé par le téléphone du secrétariat du Cabinet. La très charmante et dévouée secrétaire s'enquiert du motif de mon appel, je lui fournis les raisons de celui-ci. Et, sans en référer, elle me répond que son patron, Maître H ... n'appellera pas son distingué Confrère, au motif
" que ce n'est pas à lui de le faire ".

Ah ! Les beaux auxiliaires d'auxiliaires de Justice [*] que nous avons ! Au moins vous détenez de pouvoir, au plus vous vous en servez pour, non seulement en imposer, mais encore déplaire volontairement à votre interlocuteur. Au plus il vous donne le droit de vous en servir à contre-indication, pour vous donner une importance que vous n'avez pas !
Malheur à vous si vous osez un : "j'ai rendez-vous à telle heure". Sachez, braves gens, que l'heure du rendez-vous ne compte point, seul le temps que vous passerez dans la salle d'attente a de l'importance. Pour vous mettre en condition

Dans le silence gêné du lieu, vous contemplerez les mines sinistres de ceux qui ont été convoqués deux heures avant vous. Toute la misère du monde se retrouve dans cette pièce exiguë, la femme trompée côtoyant le mari de l'autre pris en flagrant délit d'adultère, le client d'un fabricant de meubles assis à côté d'un commerçant victime d'un filou, le blessé par un ivrogne au volant faisant face au conducteur de voiture pris en excès de vitesse sur une autoroute déserte. Bref, une somme de "pas de chance", de hasards malheureux et de rencontres qu'on aurait bien voulu ne pas faire.

Les cendriers sont pleins depuis le début de l'après-midi. Sur un minuscule guéridon, vous découvrez quelques revues soporifiques vieilles de quatre ans. Les murs sont décorés au goût de votre futur interlocuteur. Au choix, quelques peintures d'inspiration incertaine, ou mieux encore, quelques portraits au fusain de célébrités en robe et toge. Le sublime est atteint dans certains endroits où une musique destinée à l'accompagnement de la sieste vous est savamment distillée.

Au bout d'un très long moment, la même hôtesse que ci-dessus, toujours aussi rébarbative, vient chercher le patient suivant. Vous le devinez, moralement parlant, en chemise et la corde au cou.

Non, ce n'est pas encore votre tour, si vous osez poser la question. Il y a encore devant vous Monsieur X et Madame Y, ils attendent depuis tant de temps, eux... Sous-entendu : "Et ils ne rouspètent pas". Fermez la porte, il n'y a plus rien à dire. Et l'usure de votre patience continue. Peut leur importe que le drapeau rouge du parcmètre pointe vers la contractuelle depuis une demi-heure. Que vos enfants sont sur le trottoir de l'école, seuls, attendant désespérément la voiture qui doit les récupérer. Que vous n'aurez plus le temps de passer au supermarché avant l'heure de la fermeture. Non, vous êtes à la disposition. Déjà, le piège se met en place. La nasse va bientôt se refermer sur vous.
Votre montre marque une heure impossible quand, dernier postulant, vous êtes enfin admis à fouler la moquette du Maître, même pas après Dieu. La double porte insonorisée se referme sur vous, de peur sans doute qu'on entende vos cris, comme chez le dentiste occupé à vous extraire une molaire. Sans anesthésie !
Asseyez-vous, je suis à vous dans quelques instants. Et pour vous de sombrer au fond d'un siège qui vous installe quinze centimètres plus bas que votre interlocuteur, face à la lumière qui l'éclaire de dos.
Ce qui vous permet de contempler le personnage, l'emprise de son aura, et la quantité de dossiers vaguement alignés sur un bureau de trois mètres de large. Quand ils ne s'empilent pas autour de la pièce après avoir monopolisés les sièges prévus pour recevoir les visiteurs.
Après avoir achevé de griffonner quelques notes, et répondu à quelques appels téléphoniques de quelques-uns de ses "chers confrères", il vous est toléré d'ouvrir la bouche. Cependant, le compteur a déjà tourné pour vous depuis un quart d'heure. Mais à ce moment, vous ne le savez pas encore. Curieux taxi en effet, qui risque de vous emmener là où vous n'avez jamais demandé d'aller, et pour un montant dont vous ne pouvez pas évaluer l'importance... Ceci pour des résultats par essence non garantis.

D'une manière invariable, d'entrée, c'est l'avocat qui pose les questions. Et d'abord les plus importantes. La première, c'est incontournable : c'est pour quel type d'affaire ?
Normal. Sensé. Au moins de la part de quelqu'un ayant un minimum d'honnêteté. A défaut de ce sens, la pratique : Si le cher Maître n'a pas l'intention de perdre dans une affaire qu'il ne pratique pas habituellement, du genre conventions commerciales entre la République Tchéchène et le Burkina-Faso, on peut comprendre qu'il refuse son intervention.

La seconde peut vous surprendre, c'est moins normal. Ce sera du genre : quelle est votre profession ?
Etonnement de votre part, si, par exemple, vous venez pour une affaire de voisinage. Peut importe, croyez-vous innocemment, que vous soyez artisan-décorateur ou conducteur de TGV, si l'objet du litige porte sur la branche du poirier voisin faisant de l'ombre aux salades de votre jardinet. Ca, c'est ce que vous pensez. Ce que pense notre cher Maître, c'est qu'après avoir répondu aux deux questions ci-dessus, il saura quel est le citron qu'il pourra presser en sa faveur. Quant à votre affaire, peu importe le flacon, pourvu qu'il apporte l'ivresse des bonnes bouteilles vidées grâce à vous, à cause de votre présence en "ses" lieux.

Mais, les ficelles dialectiques étant l'apanage de la corporation, quoi que vous tentiez, il trouvera toujours un biais pour savoir ce que vous n'avez pas l'intention de révéler. Ou qui, selon votre appréciation, se trouve à cent lieues de ce qui vous amène et vous occupe.
Parce que ce que vous voulez, vous, c'est gagner. Ou, éventuellement, ne pas trop perdre. Et puisque vous savez qu'il va falloir payer, de toutes façons, allons-y pour le calice jusqu'à la lie.
Nous voici donc entrant dans le vif du sujet, et expliquant ce qui, pour vous, est d'une limpidité extrême. Ah!, non, pour lui ce n'est pas évident. Le moindre détail a son importance ! Quand vous verrez par la suite tous les détails qu'il omettra de citer devant le tribunal, vous comprendrez, mais à ce moment seulement, que l'important était de faire tourner les aiguilles de la pendule comptabilisant à la seconde près le temps qu'il se fera un malin plaisir à allonger. Commencez-vous à comprendre pourquoi l'attente était si longue dans la salle du même nom ?

Arrive, bien sûr, le moment où le principal est exposé, et où vous demandez à votre Conseil (c'est aussi, hélas, le surnom de votre avocat), quelles sont vos chances de réussite.

S'en suit une série de grimaces et de gémissements de sa part, d'expressions ponctuées de locutions latines et de références jurisprudentielles impossibles à ingurgiter par le commun des mortels, et par lesquelles il ressort en fin de compte que ce que vous aviez cru soluble par une simple lettre relève selon toute vraisemblance de la Cour de Cassation. Et encore, car depuis l'Europe, il n'est pas impossible que la branche de poirier de votre voisin et vos salades recevant trop d'ombre se retrouvent un jour à Strasbourg ou La Haye. En plus de la pulpe du citron, on pressera aussi l'écorce voire les pépins.
Si, par hasard, votre adversaire se trouve au même moment devant un confrère de votre avocat, le cinéma sera pareil. A cette énorme différence près que, les données du problème étant pourtant les mêmes pour chacun, et au départ, il se trouvera certainement que l'avocat de la partie adverse passera par les mêmes grimaces et les mêmes gémissements face à son Client, mais ceci pour des motifs diamétralement opposés, comme de bien entendu. Vous avez dit justice, seconde ? En plus de l'écorce et des pépins du citron, on pressera aussi le panier qui les a récoltés et peut être la main qui les a mis dedans.

Epuisé, assourdi de paroles, voici que vient pour vous l'estocade. L'épée sortie, le cher Maître va maintenant vous trancher la bourse. Oui, il accepte d'étudier votre affaire, elle sera difficile, mais il en a vu d'autres. D'ailleurs, il n'accepte que les affaires qu'il est sûr de gagner. (Au passage, on pourrait se demander bien à propos à qui s'adressent les vrais coupables. Et puisqu'une affaire est soit perdue, soit gagnée, statistiquement parlant, un avocat en perd une sur deux en moyenne. A moins qu'il soit surhumain ou sous doué). Versez-moi X francs de provision !.

Le ton est implacable, la réplique n'est pas possible. Conditionné, lassé, vous sortez le chéquier et vous vous apprêtez à vous délester d'une somme considérable. Ah!, non, le chèque ce n'est pas de X francs, c'est 20,6% en plus pour la TVA. Sonné, complètement abruti, KO debout, vous sortez de là le dos voûté. C'est trop tard, le piège est refermé. La machine infernale à vous pressuriser est en marche. Avec l'aide éventuelle de l'autre "Conseil", de l'autre côté de la barrière.
Parce que quelques jours après, par la force des choses et des habitudes, votre cher Maître Y rencontrera son cher Confrère Z au Palais.

Lorsqu'un vicomte rencontre un autre vicomte, c'est un air bien connu, ils se racontent des histoires de vicomtes. Les avocats ne se racontent pas entre eux des histoires de vicomtes. Mais plus vraisemblablement la vôtre et celle de votre voisin au poirier. Ah, les bonnes poires que voilà ! Et vous oseriez dire qu'il n'en est pas ainsi ? Un professionnel m'a confié un jour qu'un grand nombre d'affaires ne se règlent pas devant la Cour, mais plus souvent qu'on ne le croit dans des cercles très fermés. Ou plus simplement à la cafétéria du Palais. Parce que, les affaires étant les affaires, il est parfois bien plus intéressant que ce soit la partie A qui gagne sur la partie B plutôt que l'inverse. Les honoraires réclamés étant entre autres, fonction des intérêts économiques en jeu, il est plus facile de réclamer 100.000 frs à quelqu'un qui vient d'en recevoir 1.000.000 par voie de justice, que d'envoyer une facture de 5.000 frs à celui qui vient d'en perdre 50.000 ... Ceci pour le même type de procédure. Et que je te renvoie l'ascenseur à la prochaine occasion !

Lorsque les intérêts d'affaires ne sont pas aussi évidents, ils peuvent aussi se rattraper sur la complexité de la procédure. Tant que le cochon de payant veut bien cracher, allons-y avec ardeur. Et de multiplier à souhait les actes, les significations, les constats, appels, conclusions supplétives et autres simagrées, justifiant de manière fallacieuse l'importance des "devoirs" des chers Maîtres et de leurs appels réitérés de provisions.

La manière la plus tordue étant la pratique du mauvais conseil. Et là, ces chers maîtres jouent sur le velours. Comment en effet démontrer que dans l'intimité du Cabinet, que c'est l'avocat qui pousse à la bagarre, alors que les adversaires peuvent n'être éventuellement en opposition que sur certains points. Et donc, d'accord sur certains autres. Mais cela, çà ne les arrange pas. En effet, au plus il y a de points de litige, au plus ils pourront réclamer d'argent. Pour les avocats, l'arrangement est toujours mauvais et tout est bon pour le procès. S'en suit, par exemple, que des gens qui veulent divorcer à l'amiable en six mois se traînent pendant dix ans devant les tribunaux par le bienfait de leurs avocats. Qui, pendant ce temps, ont mis à zéro les économies des deux futurs ex-.

C'est ainsi que j'ai personnellement vu le cas suivant devant un Tribunal :
Une pauvre dame plaidait pour une somme tout compte fait assez modeste dont elle avait été délestée par un escroc. Voici que l'affaire est appelée et que son avocat à elle refuse de plaider, au motif de l'absence de son confrère d'adversaire. Confrère qui l'avait appelé le matin même en disant qu'il ne pouvait venir, étant retenu par une autre plaidoirie en province.

Le scandale dans cette affaire était que l'avocat présent faisait état de la déontologie des avocats, qui lui interdisait de plaider dans ce cas. Mais pour goûter le sel de l'histoire, voici tout d'un coup que s'élève enfin la voix de cette dame, qui fait savoir au tribunal que c'est la quatrième fois que l'avocat adverse fait le coup de la demande remise ! Scandale dans le scandale, ce jour était aussi un jour de grève des transports en commun. Et pour venir au Tribunal, la dame avait courageusement pris son vélo et parcouru pédalant pendant plus de trois heures les quelque 30 kilomètres la séparant de son domicile. Plus autant pour le retour. Après avoir attendu deux heures dans le prétoire. Quand je vous aurai dit que cette dame était âgée de 60 ans, vous jugerez de l'ignominie de cet "auxiliaire de Justice". Vous avez dit Justice ?

Des coups bas de ce calibre, tous ceux qui approchent les tribunaux pourraient vous en raconter à foison. Ais-je tort de les dénoncer ?

Et en voici encore un autre, pour votre édification : Etant amené à faire valoir mes droits face à une personne qui avait largement outrepassé les siens, je m'en remets à l'Avocat commis par mon assureur de défense en Justice. Mais je me méfie quand même, et je suis à l'audience. Bien entendu, ce n'est pas le grand Seigneur et Maître du Cabinet vers lequel j'ai été envoyé par l'assureur, mais une de ses petites stagiaires payée au SMIC ... et encore, les mois sans R, selon toute vraisemblance ! Elle dépose son dossier devant son banc, et j'ai la chance, en lisant par-dessus son épaule de voir une minuscule note griffonnée, avec ces quelques mots : faire remettre à 6 mois. Ma méfiance monte de trois crans, au moins. A la stagiaire, je pose la question de savoir si l'adversaire est représenté. Elle me répond que non, et qu'elle va demander la remise. Je lui dis que cela ne m'arrange pas et que j'accepte une remise à deux mois tout au plus. Attendez, la suite vaut son pesant de cacahuètes ...
L'affaire étant appelée à la barre, je suis stupéfait d'entendre de la bouche de MON défenseur, à qui je viens à l'instant de donner des instructions précises, de demander ... la remise à 6 mois ! Là-dessus, je réagis instantanément, et je dis au juge que je ne suis pas d'accord, et que je demande un report dans les deux mois au maximum. Ce qui me fut accordé sur-le-champ. Avec un commentaire particulier du juge qui me dit : vous semblez ne pas être d'accord avec votre défenseur ! Mais si je n'avais pas été présent, si je n'avais pas eu le culot d'intervenir ???

Que le lecteur n'oublie jamais cette certitude : pour un avocat, un client jugé en dernier ressort, sans possibilité d'appel, est un client perdu ! A moins d'être un affairiste procédurier, qui donc s'enorgueillit d'être le client abonné chez Maître Untel ???
Mais, pour revenir à nos moutons (noirs), une seule visite à l'avocat ne suffit pas, habituellement.
Et tout naturellement, il vient à l'idée du justiciable de demander des nouvelles de l'affaire à l'avocat. Oh ! Quelle audace de la part du "Client". ! Mais pourtant, rappelez-vous bien qu'en terme de prestation de services (et ce sera valable aussi pour un Architecte, par exemple), la définition du CLIENT, c'est le donneur d'ORDRE ! Mais si vous osez dire cela à un quelconque représentant de la famille des bavards, vous vous faites expulser du cabinet, manu militari. Et cela m'est arrivé aussi, un autre sombre jour ! Et surtout, n'essayez pas de lui suggérer quelque acte de procédure, ou d'utiliser tel ou tel moyen que vous vous permettez de lui soumettre, parce qu'il n'y a pas pensé. D'un air hautain, votre interlocuteur du moment vous demandera pourquoi vous êtes venu chez lui, si vous connaissez si bien tout cela... Cas vécu, encore une fois !

Demander des explications, et plus encore, des comptes, ceci est habituellement pris de haut par le cher Maître. En effet, c'est "son" affaire. Ce ne sera pas une plaidoirie, ce sera une oeuvre d'art. Et il ne faut surtout pas déranger l'artiste au travail. Ce qui compte le plus pour lui, et immédiatement après les considérations bassement matérielles dont il fait semblant ne pas s'intéresser, c'est le prestige et la renommée. Peu importe qu'il aie gagné ou perdu, l'important c'est la qualité du discours. A l'image de ces jeunes femmes se mesurant en concours d'élégance, ces chers maîtres en robe s'affrontent en concours d'éloquence. Ah ! Qu'est-ce qu'il a bien parlé. Il a perdu, ce n'est pas de sa faute. Sur les marches du palais, il sera encore bien capable de dire à sa victime, pardon, à son Client, que c'est lui seul qui avait raison. Que les Juges n'ont rien compris ou rien voulu entendre. Et surtout : qu'il faut aller en appel. D'ailleurs, ils ont déjà en poche le papier qu'ils vous ont fait signer à ce sujet, avant qu'ils ne plaident. Avez-vous compris, braves gens ?

Pour conditionner et endormir le quidam de client, tous les procédés d'intimidation sont les bienvenus. C'est ainsi que j'ai un jour rencontré un avocat, fumant cigarette sur cigarette et qui refusa d'aérer son bureau où il recevait un client non-fumeur atteint d'une affection pulmonaire.

Vous prendre de haut, et s'arroger le droit d'être le seul compétent. Et si, par malheur, vous osez faire état de quelque modeste savoir en la matière, il vous toisera de toute sa suffisance en vous demandant pourquoi vous êtes venu lui demander son aide.

Ce n'est plus votre affaire, c'est la sienne, sa propriété intellectuelle. Vous êtes l'acteur, c'est lui qui écrit la pantalonnade. Il exige non seulement de vous la confiance absolue, mais plus encore, l'aveuglement. Comme la justice est elle-même aveugle, cela fait vraiment beaucoup de mal voyants en un seul endroit. Mais quant à vous garantir quelque résultat, c'est à ce moment qu'il vous dira que la justice tient aussi à la main une balance. Que c'est un mécanisme délicat, qu'il faut la manier avec précaution. Si par hasard, le vent s'en mêle, adieu équilibre. Mais qui donc souffle le froid et le chaud ?

Une attention particulière doit être portée dans les affaires mettant en cause une Compagnie d'assurance. En effet, il faut savoir que la majorité des Cabinets d'une ville de robe sont "accrédités" auprès de l'une ou l'autre Compagnie. Celles-ci leur fournissent un chiffre d'affaire quantitativement intéressant, et surtout renouvelable. Pour l'examen des dossiers, ce n'est évidemment pas le grand nom du titulaire du cabinet qui s'abaissera à traiter pour des honoraires ridicules. Car les Compagnies fixent d'autorité les émoluments des "collaborateurs extérieurs". Dans ces cas, les affaires sont traitées par d'obscurs scribouillards stagiaires, crevant de faim sous la houlette du seigneur. Taillables et corvéables à merci.

Le danger vient d'ailleurs. Car les contrats avec les Compagnies sont renouvelables. Et si, par malheur, le Cabinet de Maître J, défenseur habituel de la Compagnie K, se permet d'obtenir en justice, trop d'indemnités en faveur de son client, et au détriment de la Compagnie adverse L, attention !

Parce qu'au jour des renouvellements de conventions entre le Cabinet de Maître J, et la Compagnie K, si cette convention n'est pas renouvelée, il faudra trouver un autre assureur pour profiter des même avantages de ressources garanties. Dans ce cas précis, adieu la clientèle potentielle de la Compagnie L. Et comme tout se sait entre toutes les Compagnies, (elles ont d'ailleurs établi entre elles des Conventions Inter Sociétés qui les arrangent sur le dos des assurés), adieu à tout jamais pour la clientèle des assurances au Cabinet de Maître J. Danger !

Autre méfiance à observer : les avocats mêlés à la politique. Il m'est arrivé de prendre contact avec l'un d'eux à qui j'exposais mon affaire contre une Compagnie d'assurance . De manière très étrange, il me répondit qu'il ne "sentait" pas bien celle-ci, et donc qu'il refusait de me défendre. Explication étrange, qui n'attira pas mon attention immédiatement. Lorsque plus tard, je découvris la tête de mon interlocuteur sur des affiches de campagne électorale, et la coloration politique de son engagement, j'en ai conclu que mon attitude "consumériste" ne cadrait absolument pas avec la clientèle habituelle de ce parti politique. Il est vraisemblable qu'au moment où je lui parlais, cet homme avait déjà décidé de se présenter aux prochaines élections. Il valait mieux mécontenter un électeur plutôt que de risquer de se faire reprocher de défendre des valeurs opposées à celles du parti dont on avait sollicité l'investiture.... Surtout, pas de vagues !
Et ce n'est pas tout ! Lorsque vous, pauvre particulier, avez affaire à une grande Entreprise, de préférence de taille internationale, vous verrez tout le mal que vous aurez à trouver un avocat honnête qui accepte de défendre votre cause. Parce que vous n'aurez pas les moyens de vous payer un grand Cabinet, qui aura la force, le poids, les moyens, le personnel, la documentation, etc ..., j'en passe et des meilleures pour faire face à l'avocat non seulement roué, mais encore parfaitement " aux ordres " de votre adversaire. Pour sa renommée, qui conditionne ses tarifs, votre petit avocat, à moins qu'il soit suicidaire, aura bien peur de se mesurer à l'autre dont la réputation, même si c'est celle d'un défenseur de truands, impressionne la Cour.

Enfin, sur le même ton, je me dois de reproduire ici ce qui fut largement écrit dans la presse, concernant l'appartenance de certains à des Sociétés et Fraternelles ayant la forme d'Associations Loi 1901, aux buts et motivations de départ parfaitement honorables. Mais complètement dévoyées par certains profiteurs, tels qu'on en a vus en Italie et par la suite principalement dans le sud de la France. Et qui, sous prétexte de confidentialité et d'entraide, se sont livrés à des magouilles aussi impressionnantes qu'inavouables. Il suffisait pour cela que le Juge et l'Avocat fassent partie de la même coterie ! Il me fut ainsi rapporté qu'un jugement fut arrangé avant les plaidoiries ! Comment faire encore confiance dans ces conditions ? ? ?
Et c'est ainsi que, bien malgré moi, j'en suis arrivé à faire le tour de pas mal de cabinets et d'en tirer des conclusions dont vous pourrez éventuellement tirer profit.

Selon les "bons usages", il y a lieu de traiter de manière déférente tout rapport avec la Justice et ceux qui sont sensés la servir. L'attitude doit obligatoirement être modeste devant un tribunal. Et les avocats ont tiré à eux cette situation qui impose au justiciable de se présenter, profil bas, toutes griffes rentrées. Pour la petite histoire, j'ai subi un jour les reproches d'un cher Maître chez qui je me suis présenté habillé certes proprement, mais en tenue de travail. Parce que l'heure du rendez-vous souverainement fixé par lui ne me permettait pas de procéder autrement. Reproches véhéments de mon interlocuteur qui me dit vertement : est-ce que je vous reçois en tenue de travail, moi ? Mais, au fait, qui payait la consultation ? Le client que j'étais n'était-il pas tout à fait en droit de se présenter ainsi ? Non, il manquait le costume sombre et la cravate, comme au tribunal.

Et à propos de tenue, puisque le professionnel attend qu'on fasse toilette pour lui rendre visite, un premier moyen de le dérouter est justement de ne rien en faire. Parce que j'ai toujours considéré, et l'expérience confirme la maxime que je vais énoncer : le meilleur moyen d'échapper à un système qui fonctionne à son propre profit et qui tend à vous broyer, c'est, pour commencer, de refuser d'adhérer aux règles qui permettent au dit système de fonctionner.

Exemple : Monsieur, choisissez blanc ou noir ! Réponse : pour moi, ce sera vert, merci !
La machine s'arrête, parce que rien n'a été prévu pour parer à cette réponse. Quel qu'ai été mon choix autrement, blanc ou noir, la suite des opérations était prévue. Je rentrais dans le jeu de l'adversaire. Répondre vert impose de jouer selon les règles que je veux établir, et non subir les règles de l'adversaire.

La tenue que vous adopterez sera au moins un ton en-dessous de votre standing habituel. Pas de bijoux, pas d'habits à la dernière mode. Soyez naturel, mais en ne vous montrant pas sous vos plus beaux atours.

Parce que viendra obligatoirement une question du genre évoqué ci-dessus et relative à votre profession. A ce moment, répondez vrai mais vague. Du genre : je suis un manuel (si vous êtes artisan décorateur), ou : Je travaille à la SNCF, si vous conduisez le TGV. En face, au vu de votre réponse et de votre tenue, ce sera le tarif prolétaire. Mais n'y allez pas trop bas quand même. Les avocats efficaces pour les prolétaires sont aussi rares que les jugements rendus avec équité et célérité !

Parce qu'on va parler tarif, maintenant.
Juste un moment seulement : si c'est vous l'accusé, et que vous risquez une condamnation pénale, le cher Maître va en profiler pour vous demander quels sont vos revenus. Sous prétexte que ce sera de toutes façons demandé par la Cour. C'est vrai. Alors là, allez-y du grand trou de mémoire, et répondez que vous apporterez votre dernier avis d'imposition lors de la prochaine visite. Que vous avez des charges, des crédits en cours, et que vous ne savez pas faire le compte exact immédiatement. Et que pour ne pas répondre de bêtises, il vaut mieux se référer à un document. Mais ceci ne doit pas faire obstacle à la connaissance des tarifs pratiqués par votre honorable conseil.
C'est là qu'il va essayer de noyer le poisson, en vous parlant de la complexité potentielle de la procédure, de tous les recours possibles, des retards, etc. En fait, il faut bien savoir que tous ces aléas sont soigneusement organisés par la profession elle-même. A un point tel que certains avocats s'arrangent pour perdre en première instance dans une affaire ne présentant aucune difficulté. Pour gagner ensuite en appel, de façon à multiplier leurs honoraires par un coefficient nettement supérieur à 2 !

Pour vous, il n'y a qu'une parade : D'abord, exiger de savoir de quel niveau de juridiction relève votre affaire : Tribunal de Police, Correctionnelle .... Et dire qu'avant de vous engager, il vous faut savoir combien cela va vous coûter jusque et y compris le jugement. Avec le détail de tous les frais. Et s'il y a des options ou des variables, quels sont les prix de chacune des options. Comme chez les vendeurs de voitures. Eux, ils vendent du concret, du tangible. Avec caractéristiques mesurables. Et si l'objet en question ne correspond pas à l'usage pour lequel il est vendu, vous avez tout à fait le droit d'en demander le remboursement. Plus dommages-intérêts éventuellement.

Chez l'avocat, on tente de vous vendre du vent, dont on ne vous donne pas la température, on ne vous dit pas dans quelle direction il souffle ni à quelle vitesse. Et en plus, on ne vous garantit pas le résultat. Il faut avouer que la profession pourrait faire montre de plus de rigueur !
Ce sera le moment de vous rappeler le montant de la facture de l'ancien client de cet avocat, celui qui vous a invité à lui rendre visite. Tenez compte de l'inflation, et voyez où en sont ses tarifs. Si vous constatez une augmentation sensible de ceux-ci, c'est que vous êtes tombé chez un Maître qui a beaucoup de clients à satisfaire. Il ne vous fera pas de cadeau. Si, au contraire, les tarifs sont en baisse, c'est aussi un avocat à éviter : c'est vraisemblablement un professionnel qui perd beaucoup de procès, et que sa notoriété est en baisse. Donc qui cherche à se "refaire" une nouvelle clientèle en faisant des concessions sur le tarif fortement suggéré du barreau. A titre indicatif, au moment où sont écrites ces lignes (1996), le barreau de Paris fixait la facture horaire à 1.200 FF hors taxes. Soit environ 7.500 BEF. C'est à dire qu'en trois ou quatre heures, l'éminent Conseil aura gagné autant qu'un smicard en un mois. Vous avez dit Justice ? Quelle Justice ???

Pour éviter le coup de l'appel, laissez entendre que vous laisserez tomber si vous ne gagnez pas du premier coup. Et en plus, faite faire à votre avocat le calcul économique suivant : Si l'affaire en question porte sur un différend de quelques milliers de francs, pourquoi en laisser autant chez l'avocat ? A moins que ce soit pour vous une question d'honneur, et que vous ne désirez pas compter vos efforts, y compris sur le plan financier. Mais, y compris dans ce cas, est-ce un bon placement pour votre adrénaline ? Même chose sur un plan pénal, ou lorsqu'il est question de dommages-intérêts qui pourraient vous être réclamés. Supposons qu'on vous réclame quelques autres milliers de francs. Plus l'avocat qui vous en demandera autant, cela risque de faire cher du procès. Ne vaudrait-il pas mieux faire son deuil de l'affaire, payer et avoir rapidement la tranquillité ? Au moins, pouvez-vous laisser entendre cette manière de raisonner.

Vous risquez alors de le voir changer brutalement d'attitude. Tout d'un coup, votre affaire ne présente plus aucun risque, vous êtes certain de vaincre.
C'est là où il faut amener votre interlocuteur : puisque l'affaire est simple, elle n'est pas compliquée. Pour les détails, voyez Monsieur de la Palice. Et puisqu'elle n'est pas compliquée, cela ne peut vous coûter cher, CQFD.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE
Extrait du site HTTP://WWW.DENONCIATION.COM


Lire la deuxième partie : UN BON AVOCAT 2/2

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