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Je suis INNOCENT!


Daniel Massé
Prison de Seysses - Route de Muret
31600 MURET.

le 22 décembre 2003
A l'attention de la Presse
(10 jours après sa condamnation)

Je ne sais plus en quoi croire aujourd'hui, seulement à mon innocence, et surtout plus en notre institution judiciaire.

Soupçonné, mis en examen, relâché, remis en examen, écroué 6 mois en 1995, relâché, jugé puis acquitté le 31 mai 2002, encore rejugé et condamné le 12 décembre 2003. Une condamnation de 25 années, après 9 ans de liberté et un acquittement. 9 années d'incarcération morale et 25 années de réclusion pour n'avoir rien fait. Ou plutôt si : avoir clamé mon innocence.

Aujourd'hui incarcéré à Seysses (31) dans l'attente et l'acceptation d'une cassation.
Je ne sais plus, je n'y crois plus, je ne peux qu'espérer et patienter. Je n'ai jamais vendu mon âme au Diable, pourtant on me prend la vie. Je sais que l'on ne pourra me prendre ma dignité, on me l'a seulement détournée. Pour une première en France, une situation pareille est impossible à gérer et inacceptable.

Pour ma nouvelle vie que j'ai reconstruite, pour mon amour d'épouse et mon bébé Gwell qui a deux ans,
Pour mon INNOCENCE, Je dois me battre une dernière fois vers un quatrième procès.
En attendant, je suis en prison !!

Samedi, je suis sorti pour la 1ère fois en promenade. C'était horrible ! Je me suis senti plus qu'en prison. Je voulais hurler ma révolte mais j'étais trop noué, sans force et cela n'aurait servi à rien. Hurler que je ne suis pas celui que l'on a décrit à Montauban, celui que l'on a diabolisé. C'est pour cela que je vous écris Messieurs.

En promenade, je tournais dans une cour sans sentir mon corps. Je ne voyais que devant moi à un mètre de mes pas. J'étais comme dans une bulle de verre qui tournait sans cesse pour moi et m'oppressait. Une prison dans la prison. Tourner m'a parut une éternité . Je voulais rentrer au plus vite, retourner dans ma cage, parce qu'une cage, je pourrais peut-être en sortir. La prison, je ne peux l'accepter, je ne peux accepter d'être là sans avoir rien fait pour le mériter. Peu importe la peine, le nombre des années, c'est ingérable lorsque l'on est innocent.

On m'a brisé une vie, je me reconstruit et crée une autre vie. On me la brise à nouveau après me l'avoir reproché.

Je voudrais croire mais ne crois plus !

Je ne crois plus aux droits de l'homme proclamés en France.
Je ne crois plus que le doute doit profiter à l'accusé, car le système refuse le doute.
Il vaut mieux un coupable dehors qu'un innocent en prison. Je n'y crois plus.
Je ne crois plus à l'impartialité, la dignité et l'équité de ceux qui dirigent notre institution judiciaire.
Je crois que je n'ai pas assez crié mon innocence, car cela aussi on me l'a reproché. Si j'avais été jugé 2 à 3 mois plus tôt qu'en mai 2002, j'aurais été acquitté définitivement. Pourquoi il a fallu que cela tombe sur moi pour une première en France depuis 212 ans que la cour d'assises existe ? Pourquoi ? Je dois être rejugé !

Je veux être jugé avec le respect de la présomption d'innocence.
Je veux être jugé avec la pleine capacité de la contradiction des dires des témoignages.
Je veux être jugé avec la présentation des pièces essentielles aux droits de la défense.
Je veux être jugé avec impartialité et non avec l'accumulation de suppositions. Je dois être rejugé ! Une cassation est mon salut. Je ne veux pas tirer un bénéfice des mensonges allégués contre moi, mais n'accepte pas qu'ils servent à l'accusation.

Il faut que l'on admette qu'il n'est pas utile de mentir, s'il y a des certitudes. Mon innocence que je proclame et défend depuis 9 années, ne doit pas être bafouée et retourné contre moi.
Les victimes ont droit au respect, mais n'ont nullement le droit aux mensonges, où à la production de faux témoins. Moi aussi, je suis un homme qui a droit au respect. Je ne suis pas celui que l'on a diabolisé à Montauban.

A 49 ans, prendre 25 ans, c'est me prendre ma dernière vie, celle que je viens de reconstruire et non sans mal.

Que l'on me sorte au plus vite de ma cage avant que je ne m'envole.
Je voulais vous le crier sur le papier Messieurs, au nom de l'égalité et avant de m'effondrer. Je veux que l'on m'entende souffrir en silence au nom des libertés.
Je demande que l'on m'aide au nom de la fraternité, car je suis INNOCENT, face à une justice qui refuse de reconnaître le doute ou l'erreur.
Les plus dures blessures sont malheureusement celles que l'on cache le mieux et celles qui se voient le moins.

Veuillez agréer Madame, Monsieur, mes sentiments les plus cordiaux.


Daniel Massé
Mes avocats :
Maître Jean-Luc FORGET
20 rue du Languedoc 31000 TOULOUSE
Tél : 05 61 52 08 52
Maître Denis Boucharenc 10 rue des Arts 31000 TOULOUSE

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